Chloé Davignon | Diététicienne nutritionniste

Summer body, tant pis tu sais quoi

Temps de lecture: 5 minutes

Ecrit par: Chloé D. le 01/05/2026

Chaque année, à l’approche de l’été, le même scénario se répète. Les injonctions au “summer body” envahissent les réseaux sociaux, les magazines, les conversations du quotidien. Il faudrait affiner, lisser, contrôler, corriger son corps avant d’avoir le droit de profiter du soleil, de la plage ou simplement de vêtements plus légers.

La chanson Summer Body d’Héléna met des mots justes sur cette pression silencieuse mais omniprésente. Derrière une phrase presque désinvolte — « tant pis tu sais quoi » — se cache une vraie prise de position : celle de refuser de se mettre en pause en attendant un corps jugé acceptable.

Le mythe du “summer body”

Le “summer body” n’est pas un objectif de santé. C’est une construction sociale, esthétique et saisonnière, qui laisse entendre qu’un corps devrait être modifié pour être montré. Derrière ce concept se cachent des normes irréalistes, souvent inatteignables, et surtout très éloignées de la diversité réelle des corps.

En psychonutrition, on observe que cette pression saisonnière accentue la restriction alimentaire, la culpabilité, les comparaisons et parfois les troubles du comportement alimentaire. Le problème n’est pas le corps, mais le regard qu’on nous apprend à poser dessus.

Quand la quête du summer body abîme la relation à l’alimentation

À l’approche de l’été, beaucoup de personnes modifient leur alimentation non pas par écoute de leurs besoins, mais par peur du regard des autres. On “fait attention”, on supprime, on contrôle, on se promet de “se rattraper après”.

Cette restriction, même temporaire, peut perturber les signaux de faim et de satiété, augmenter les envies incontrôlées et renforcer une relation anxieuse à l’alimentation. Le corps n’aime pas les objectifs esthétiques à court terme. Il a besoin de régularité, de sécurité et de respect.

Et si le seul summer body, c’était un corps vivant ?

Un corps d’été, c’est avant tout un corps qui vit. Un corps qui marche, nage, transpire, mange, rit, se repose. Un corps qui change selon les saisons, les périodes de vie, les émotions.

Refuser le “summer body” tel qu’il est vendu, ce n’est pas renoncer à prendre soin de soi. C’est au contraire changer de focus : passer du contrôle à l’écoute, de la punition au respect, de l’apparence au bien-être.

Tant pis tu sais quoi : un acte de liberté

Dire “tant pis”, ce n’est pas abandonner. C’est refuser de repousser sa vie à plus tard. Refuser de conditionner le plaisir, les vacances, les vêtements ou les moments de joie à un chiffre, un miroir ou une validation extérieure.

C’est aussi accepter que le corps n’a pas à être prêt pour l’été. L’été arrive, point. Et les corps aussi.

En résumé

Le “summer body” n’est pas un objectif de santé, c’est une pression sociale déguisée. Aucun corps n’a besoin d’être corrigé pour exister, être vu ou être aimé. La vraie question n’est pas “est-ce que mon corps est prêt pour l’été ?”, mais plutôt “est-ce que je me traite avec respect ?”.

👉 Et si cette période ravive des complexes, des restrictions ou une relation compliquée à l’alimentation, n’hésite pas à venir me voir en consultation. Je t’accompagne pour travailler sur ton rapport au corps, à l’alimentation et au regard que tu portes sur toi, dans une approche de psychonutrition bienveillante et sans injonctions.